Photographes américains

Robert Adams

né le 8 mai 1937 à Orange (New Jersey) est un photographe américain.

Au début de sa carrière de photographe professionnel, Robert Adams quitte le New Jersey pour s’installer dans le Colorado. Là, il commence à documenter la façon dont les paysages de l’Ouest américain, jadis arpentés par des photographes tels que Timothy O’Sullivan ou William Henry Jackson, subissent l’influence de l’activité humaine.

Appartenant au mouvement artistique des « Nouveaux Topographes » dans les années 1970, l’approche d’Adams est neutre en apparence et s’interdit tout jugement critique du sujet. Ses images sont titrées comme des documents, établissant ainsi leur neutralité. Dans des essais récents, Why people photograph et Beauty in photography, Adams plaide avec force et clarté en faveur d’une approche traditionnelle et humaniste de la photographie, ainsi que d’une responsabilisation en matière d’environnement.

Il a reçu le prix de la John Simon Guggenhein Memorial Foundation en 1973 et 1980 et le prix de la MacArthur Foundation en 1994.

Robert Adams est lauréat du Prix Hasselblad en 2009.

Stanley Kubrick

Réalisateur américain né le 26 juillet 1928 à New York, dans le quartier du Bronx, et mort le 7 mars 1999 à son domicile d’Hertfordshire dans la banlieue de Londres.

Après des débuts dans la photographie, Kubrick, autodidacte, sera également son propre directeur de la photographie, producteur, scénariste ou encore monteur. Ses treize longs métrages en quarante-six ans de carrière l’imposent comme un cinéaste majeur du XXe siècle. Quatre de ses films sont classés dans le top-100 de l’American Film Institute.Stanley Kubrick a toujours été réticent à s’entretenir sur ses œuvres, laissant au spectateur la liberté de formuler sa propre interprétation. Les deux principaux livres auxquels il a participé activement avec Michel Ciment et Alexander Walker sont consacrés au récit (image et son) et à la symbolique de ses films.

Débuts dans la photographie
Stanley Kubrick est issu d’une famille juive originaire d’Europe centrale. Son père, Jacques (Jacob) Leonard Kubrick (1901-1985), né aux États-Unis d’une mère roumaine et d’un père austro-hongrois, était cardiologue, pianiste et photographe amateur. Il apprend à son fils Stanley âgé de douze ans à jouer aux échecs. Cette passion suivra Stanley Kubrick toute sa vie. Sa mère Gertrude, née Perveler (1903-1985), chanteuse et danseuse, lui a donné le goût des livres et de la lecture. Il a une sœur cadette, Barbara, née en 1934.
Pour son treizième anniversaire, son père lui offre son premier appareil photo. Cette nouvelle activité le passionne et lui fait oublier sa passion de jeunesse, le jazz, et son rêve de devenir batteur de jazz professionnel. Il prend de nombreuses photos et les développe avec un ami dans la chambre noire familiale. Il devient le photographe officiel de son collège et a pour idole le reporter-photographe Weegee.

En avril 1945, à l’âge de 16 ans, il réussit à vendre au magazine illustré Look une photographie d’un vendeur de journaux en larmes après la mort de Franklin D. Roosevelt, qu’il a prise alors qu’il se rendait au lycée. La rédactrice en chef l’engage comme photographe indépendant, « par pitié » dira-t-il plus tard. Stanley Kubrick y travaille durant quatre ans et y apprend les ficelles du métier, la composition d’une image, les éclairages, l’usage des extérieurs et l’art de saisir le mouvement. Plutôt perfectionniste, il lui arrive de prendre plusieurs centaines de clichés pour réaliser une seule photo. Grand amateur de boxe, son premier « photos-récit » intitulé Prizefighter (Le Professionnel) raconte une journée de la vie du boxeur Walter Cartier. C’est ce photo-récit qui sera à l’origine de son premier film : Day of the Fight.

Jay Maisel

Après avoir étudié la peinture et le graphisme, il s’est tournée vers la photo en 1954. Son portfolio est garni d’images de Marilyn Monroe, Miles Davis (excusez du peu), etc… Il a également gagné un nombre de prix incroyables et ses photos ont fait la couverture des plus grands magazines.

Il se concentre depuis plusieurs années à donner des workshops et à participer à des conférences. J’ai pu suivre deux de ses présentations lors d’un séminaire en 2010 et croyez moi c’est renversant. Son approche de la photographie est loin de se soucier des prouesses technologiques que peuvent permettre les appareils aujourd’hui. Il se concentre sur le message, les formes et les couleurs avec une simplicité et efficacité redoutable. Il a une sensibilité hors normes pour trouver le bonne angle, la bonne lumière, la bonne personne!

Edward.S.Curtis

né le 16 février 1868 près de Whitewater et mort le 19 octobre 1952 à Whittier, est un photographe ethnologue américain.

Il a été un des plus grands anthropologue social des Amérindiens d’Amérique du Nord et de l’Ouest américain laissant trace d’écrits et de nombreuses photos sur verre. Ainsi, de manière non exhaustive, il a entrepris l’inventaire photographique d’amérindiens des 80 tribus existantes. Cette population indienne qui était estimée à plus d’un million d’individus au XVIIIe siècle, avait chuté aux alentours de 40 000 lorsqu’il débuta son projet.

Bill Steber

Diplômé de la Middle Tennessee State University avec un diplôme d’anglais et de Photographie. Il a travaillé pour le journal à Nashville Tennessean comme photographe depuis 1989, où il a remporté plus de trente prix de photojournalisme régional et national. Son travail documentaire a été largement exposées dans tout le Sud. En 1997, Steber a reçu une subvention de la Fondation Alicia Patterson à poursuivre un projet de documentation de la culture dans le Mississippi Blues qu’il a commencé en 1993. La subvention a durée un an et pendant ce temps, Steber à été en congé sabbatique. Le projet associe des portraits de musiciens de blues jouant dans leur maison et dans les clubs avec des images qui décrivent ce qui reste de la population rurale et de la culture afro-américaine qui a donné naissance au blues. Les exemples incluent, juke joints, la culture du coton, de la musique sacrée, des services religieux en milieu rural, des baptêmes de rivière, de la religion et de la superstition populaire, la vie sur pénitencier de Parchman, colline pays africain fifre et tambour, la musique et les divers styles de blues régionales. En outre, Steber a combiné ces images avec des interviews sur le terrain qui mettent les photographies dans une perspective historique.

Herman Leonard

Herman Leonard est un photographe américain connu pour ses photographies d’icônes du jazz, né le 6 mars 1923 à Allentown (Pennsylvanie) et mort le 14 août 2010 à Los Angeles.
Ses parents, Joseph Leonard et Rose Morrison, étaient des immigrants roumains qui ont émigré depuis Iaşi, Roumanie vers les Etats-Unis. Il obtient son diplôme de photographe en 1947 à l’Université de l’Ohio après avoir interrompu ses études pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après l’obtention de son diplôme, il apprend son métier avec le portraitiste Yousuf Karsh pendant une année. Karsh lui transmit son expérience de photographe de célébrités comme Albert Einstein, Harry Truman and Martha Graham. En 1948, il ouvre son premier studio à Greenwich Village, New York. Travaillant comme free-lance pour différents magazines, il passe ses soirées au Royal Roost et au Birdland, où il photographie les musiciens de jazz comme Dexter Gordon, Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Billie Holiday, Duke Ellington, Miles Davis, … En utilisant des négatifs sur verre, il augmente la sensibilité des plaques en les exposant à la vapeur de mercure.

Après avoir travaillé pour le producteur de Jazz Norman Granz qui utilise ses photos comme couvertures d’albums, Leonard est employé en 1956 par Marlon Brando pour illustrer un voyage en Extrême-Orient. À son retour, on le retrouve à Paris comme photographe de mode et publicitaire. Il est également correspondant européen pour le magazine Play boy. Ses dernières photos de jazz datent de cette période.

En 1980, avec sa femme Elisabeth et ses deux enfants Shana et David, il quitte Paris pour Ibiza où il reste jusqu’en 1988 avant de déménager à Londres. C’est à Londres qu’a lieu la première rétrospective de son travail à Notting Hill. Cette exposition reçoit la visite de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs dont les chanteurs Sade et Bono de U2. En 1989, la rétrospective est exposée aux Etats-Unis et après une exposition à La Nouvelle-Orléans, il tombe amoureux de cette ville, berceau du jazz et du blues.

En août 2005, l’ouragan Katrina détruit sa maison et son studio de photos, perdant 8 000 photos. Heureusement, les négatifs étaient à l’abri au musée Ogden de l’art du sud à La Nouvelle-Orléans. Il déménage alors vers Studio City en Californie où il continue de collaborer avec des magazines photos, des labels musicaux et des artistes comme Lenny Kravitz.

Ses photos font désormais partie des archives permanentes du American Musical History au Smithsonian Institution à Washington et sont un témoignage unique de la scène jazz des années 1940, 1950 et 1960.

Mike Schreiber

L’appareil photo de Mike Schreiber est magique : chaque putain de MC inconnu qu’il immortalise devient automatiquement une star du rap game. Son travail est truffé de clichés de rappeurs pris juste avant que leur carrière ne décolle. Il a photographié presque tous les mecs les plus importants des quinze dernières années, de 50 Cent à ODB : tous ont finis figés dans les portraits en noir et blanc de Mike. Depuis le milieu des années 1990, ses photos couvrent les pages de toutes les publications majeures de la presse rap, de The Source à Vibe. En 2010, il a publié l’incroyable photobook True Hip-Hop, dans lequel on retrouve plein d’images mortelles et les milliards d’anecdotes qu’il a compilées tout au long de sa carrière.

William Claxton

Portraitiste de légendes du jazz, William  »Bill » Claxton cherche à capturer l’essence de la vie de ses modèles pour faire entrer le public dans leur monde. Le noir et blanc apporte une force supplémentaire aux clichés de l’artiste qui conçoit le jazz et la photographie dans une même optique : la spontanéité et l’improvisation. Le trompettiste Chet Baker, Frank Sinatra ou encore Duke Ellington sont immortalisés par le photographe qui se fait oublier pour mieux saisir les instants précieux qui font leur quotidien. Il se mêle aux musiciens pendant les enregistrements, les suit dans les salles de concerts, les rues et les clubs. Un procédé qui lui permet de révéler des facettes parfois oubliées de ces artistes dès lors qu’ils quittent la scène. Claxton sublime ainsi les jazzmen en misant sur leur sex-appeal trop souvent ignoré. Depuis ses premières pellicules utilisées en amateur dans des clubs, il illustre les rapports du musicien à son instrument, doté dans ses photographies d’une sensualité jusqu’alors inexplorée. C’est à cette occasion que l’homme rencontre Dick Block en 1952. Devenu son associé, il tient également le rôle de directeur artistique et photographe au sein de la maison de disques Pacific Jazz et signe des couvertures d’albums pour Sony Rollins – ‘Way Out West’ -, Chet Baker & Crew – ‘Pacific Jazz’ – et Jack Sheldon – ‘Black History Month’. A travers l’ensemble de son travail, William Claxton contribue à mythifier le jazz et en diffuse une image inédite, empreinte de l’amour qu’il lui porte.

William Eggleston

Le travail d’Eggleston prend pour thème des sujets ordinaires. Une photographie d’Eggleston pourrait inclure « de vieux pneus, des distributeurs de Dr Pepper, des climatiseurs abandonnés, des distributeurs automatiques, des bouteilles de Coca-Cola vides et sales, des affiches déchirées, des poteaux et des fils électriques, des barrières, des panneaux de sens interdits, des panneaux de déviations, des panneaux d’interdiction de stationner, des horodateurs et des palmiers amassés sur le même bord de trottoir. »1 Eudora Welty fait remarquer qu’Eggleston voit la complexité et la beauté du monde ordinaire : «  Toutes les photographies extraordinaires, irrésistibles, estimables, belles et implacables doivent faire avec les caractéristiques de nos vies dans le monde actuel : elles arrivent à nous montrer la texture du présent, comme la coupe transversale d’un arbre  ; Elles se focalisent sur le monde ordinaire. Mais aucun sujet n’est autant abordé que le monde ordinaire ! ».

Mark Holborn écrit au sujet de la signification profonde de ces scènes ordinaires vues par l’objectif d’Eggleston  : «  Les sujets d’Eggleston sont, en apparence, les habitants et les alentours ordinaires de la banlieue de Memphis et du Mississippi ; des amis, de la famille, des barbecues, des arrières-cours, un tricycle et du désordre ordinaire. La banalité de ces sujets est trompeuse, il y a un sentiment de danger menaçant caché derrière ces images » .

On peut comparer le travail d’Eggleston à celui de William Faulkner, qui a également grandi dans le Delta du Mississippi, et pour qui cette région fut le sujet de la majorité de ses œuvres. Eggleston et Faulkner ont tous deux profité de la perspicacité de l’avant-garde Européenne et Américaine pour les aider à explorer les environs du Sud d’une manière nouvelle et surprenante. Comme l’a écrit l’écrivain Willie Morris (en), « la peinture des campagnes du Sud [par Eggleston] évoque avec éloquence le monde imaginaire de Faulkner et, ce n’est pas une coïncidence, les expériences partagées par tous les hommes du Sud. Souvent sinistre, toujours lyrique, son réalisme rigide résonne avec le langage et le ton du cosmos mythique du célèbre Yoknapatawpha de Faulkner… Le travail de Bill Eggleston aurait plu à Bill Faulkner… énormément. » Eggleston semble reconnaître cette affinité entre lui et Faulkner par la publication de son livre, Faulkner’s Mississippi, en 1990.